
- GEO
- ChatGPT
- Fiche Google
- Avis clients
ChatGPT recommande vos concurrents. Voici ce qui lui manque pour parler de vous.
Le test à faire vous-même, la façon dont une IA choisit qui elle cite, et ce que vous pouvez corriger ce soir, en 30 minutes et sans payer personne.
- 16 min de lecture
Pour qu’une IA comme ChatGPT, Gemini ou Perplexity recommande votre business, elle doit pouvoir vous trouver, comprendre ce que vous vendez et voir que d’autres parlent de vous. Rien de tout ça ne demande de payer quelqu’un : une fiche Google complète, quelques phrases claires et de vrais avis clients font l’essentiel du travail. Aucune méthode ne garantit d’être cité. Mais sans ces bases, vous êtes sûr de ne pas l’être.
Cet article prolonge la masterclass GEO que j’ai donnée pour GoMyCode le 27 octobre 2026.
Faites le test : est-ce que l’IA vous cite ?
Ouvrez ChatGPT ou Gemini sur votre téléphone et posez la question d’un client qui ne vous connaît pas encore :
Quelle est la meilleure boutique de [votre activité] à [votre ville] ?
Par exemple : « Quel est le meilleur salon de tresses à Liberté 6 ? » ou « Un bon traiteur pour un baptême à Dakar ? » Faites-le en navigation privée, ou sans être connecté : une IA qui connaît vos conversations peut vous répondre différemment.
Puis lisez la réponse. Trois choses vous intéressent.
- Êtes-vous dans la liste ? Une IA ne renvoie pas dix pages de liens comme Google. Elle donne une courte liste de noms, puis pose des questions pour affiner : votre budget, votre quartier. Si vous n’êtes pas dans cette liste, ce client ne vous verra pas.
- Qui est cité à votre place ? Ce sont vos vrais concurrents dans les réponses des IA, et ce ne sont pas toujours ceux que vous imaginez.
- D’où viennent les informations ? Perplexity affiche ses sources numérotées sous chaque réponse, et ChatGPT et Gemini affichent souvent des liens. Ces pages sont exactement celles où vous devez apparaître.
Posez la même question une deuxième fois : la réponse change d’une fois à l’autre. Un seul essai ne prouve rien, ni dans un sens ni dans l’autre.
Pourquoi s’en occuper maintenant ?
Parce que vos clients ont déjà changé leur façon de chercher.
- Plus de 900 millions de personnes utilisent ChatGPT chaque semaine, d’après OpenAI en février 2026.
- Sur Google, quand un résumé généré par l’IA s’affiche en haut des résultats, les internautes cliquent sur un lien dans 8 % des visites, contre 15 % sans résumé, selon une étude du Pew Research Center publiée en juillet 2025. Le client lit la réponse et s’arrête là.
Le client ne fait donc plus le tri lui-même entre dix sites : l’IA le fait pour lui. Soit vous êtes dans sa courte liste, soit il ne vous voit pas. Et l’IA ne cherche pas la plus grosse boutique : elle cherche celle dont elle peut parler avec assurance. C’est là qu’un petit commerce a sa chance.
Comment une IA choisit-elle qui elle cite ?
Une IA répond de deux façons.
Avec sa mémoire. Pendant son entraînement, elle a lu une énorme partie du web, jusqu’à une certaine date. C’est une photo figée : si votre boutique a ouvert après, ou si personne n’avait rien écrit sur vous, elle ne vous connaît pas.
Avec une recherche en direct. Pour une question comme « un bon traiteur pour un baptême à Dakar », elle cherche sur le web, lit quelques pages, résume et cite ses sources.
Dans les deux cas, la règle est la même : si rien n’est écrit sur vous, elle ne peut pas parler de vous.
Pourquoi le GEO ne remplace pas le SEO
Le SEO (le référencement naturel) sert à être bien classé dans les résultats de Google. Le GEO (Generative Engine Optimization) sert à être cité dans la réponse d’une IA. On vous présentera souvent le second comme le remplaçant du premier. C’est faux, et ce sont les moteurs eux-mêmes qui le disent.
- Pour être citée en lien dans les résumés IA de Google, une page doit être « indexée et éligible à apparaître dans la recherche Google avec un extrait » (Google Search Central). Pas indexée, pas citée.
- ChatGPT cherche sur le web avec son propre robot, OAI-SearchBot. Un site qui le bloque n’est pas montré dans ses réponses de recherche : il peut tout au plus y apparaître comme un simple lien vers le site (OpenAI).
- Google le résume en une phrase : « optimiser la recherche par IA générative revient à optimiser l’expérience de recherche, et donc le SEO » (guide de Google sur l’IA générative).
Avant d’être recommandé par une IA, il faut donc être trouvable sur le web. Le GEO s’appuie sur le SEO, il ne le remplace pas.
Que faut-il pour qu’une IA vous recommande ?
Il faut qu’elle puisse vous trouver, vous comprendre et vous faire confiance. Le quatrième levier, c’est à vous de l’actionner : vérifier, mois après mois, si ça marche.
1. Être trouvable : existez là où l’IA cherche
Prenez deux marchandes de Sandaga. Même marché, même produit, presque le même prix. La première vend seulement en statut WhatsApp : pas de fiche Google, pas de page, aucun avis en ligne. La boutique d’en face a une fiche Google complète avec des photos, une page où elle écrit ses prix et ses conditions de livraison, et des dizaines d’avis clients.
Un client demande à une IA où acheter ce produit à Dakar. L’IA ne peut recommander que la seconde. Les statuts WhatsApp de la première ne sont visibles que par ses contacts, et ils disparaissent au bout de 24 heures : pour l’IA, cette marchande n’existe pas.
Ce qu’il faut faire :
- Une fiche Google complète (Google Business Profile) : la bonne catégorie, vos horaires, votre quartier ou votre zone de livraison, vos services, de vraies photos. Google écrit lui-même que ces fiches peuvent améliorer la visibilité de vos produits et services « dans les réponses de l’IA » (guide de Google).
- Si vous avez un site, déclarez-le à Google avec la Search Console et à Bing avec Bing Webmaster Tools. Les deux sont gratuits.
- Ne bloquez pas les robots des IA. Si quelqu’un a construit votre site, demandez-lui de vérifier que son fichier robots.txt laisse passer OAI-SearchBot, le robot de recherche de ChatGPT.
- Pas de site ? Une fiche Google et une page Facebook ou Instagram publique bien remplie font déjà une grande partie du travail.
2. Être compris : écrivez en toutes lettres ce que vous faites
Awa tient un salon à Liberté 6, et sa spécialité, ce sont les tresses. Mais sur sa fiche Google, elle est classée « coiffure », et elle n’écrit nulle part le mot « tresses ». Une cliente demande à une IA où se faire faire des tresses à Liberté 6 : rien n’indique que le salon d’Awa en fait. L’IA ne devine pas. Elle recommande un salon qui l’écrit.
Awa n’a pas besoin de renommer son salon. Les règles des fiches Google interdisent d’ailleurs d’ajouter au nom une description de vos services. Le mot « tresses » va dans la description de sa fiche, dans ses services, dans sa bio Instagram et sur sa page Facebook.
Ce qu’il faut faire :
- Répondez aux vraies questions de vos clients : vos prix, la livraison, les horaires, les moyens de paiement. Écrivez vos prix sur votre site ou votre page Facebook, pas dans la description de votre fiche Google : ses règles l’interdisent.
- Écrivez des phrases, pas seulement des affiches. « Livraison partout à Dakar en 24 h pour 2 000 FCFA, paiement Wave ou Orange Money. » Une IA peut reprendre cette phrase telle quelle. La même information écrite sur une affiche en image est bien plus difficile à lire pour un moteur.
- Donnez la réponse dès la première ligne, pas en bas de la page. C’est d’abord pour vos clients : personne n’aime chercher un prix pendant deux minutes.
- Dites la même chose partout. Même nom, même adresse, même numéro et mêmes services sur votre fiche Google, vos réseaux et votre site. Quand les informations se contredisent, l’IA risque de reprendre la mauvaise.
C’est ce que j’ai fait sur le site de Sen Kheweul Store : dès la première ligne, on sait ce que c’est, où ça marche et avec quels moyens de paiement, et le prix est écrit en texte, pas sur une image.
3. Inspirer confiance : faites parler les autres de vous
Une IA qui recommande une mauvaise adresse perd la confiance de celui qui l’utilise. Elle se comporte comme une amie à qui l’on demande conseil : elle recommande ce que d’autres ont déjà validé. Revenez aux deux marchandes de Sandaga : la boutique d’en face n’est pas seulement visible, elle a des dizaines de clients qui ont écrit qu’ils étaient contents.
Ce qui compte :
- De vrais avis Google, et vos réponses à ces avis. Le plus simple : envoyer le lien de votre fiche sur WhatsApp à vos derniers clients satisfaits.
- Des mentions sur d’autres sites : des annuaires, des articles, des listes du type « 5 pâtisseries à essayer à Dakar ». C’est exactement le genre de page qu’une IA lit quand on lui demande une pâtisserie à Dakar.
- Des mentions sur les réseaux et les forums.
Toutes les IA ne lisent pas les mêmes pages. Un consultant a posé chaque jour, pendant un mois, la même question locale à plusieurs IA (son relevé sur Reddit). Gemini et le Mode IA de Google s’appuyaient sur Google Maps. ChatGPT, lui, citait surtout des annuaires et des listes de bonnes adresses. Ce n’est qu’un exemple, mais il dit l’essentiel : votre fiche Google ne suffit pas, il faut aussi que d’autres sites parlent de vous.
Une liste que vous écrivez vous-même pour vous classer premier ne compte pas : ce sont les autres qui doivent vous citer. Google écrit d’ailleurs que la recherche de mentions non authentiques « est moins efficace qu’il n’y paraît » (guide de Google).
4. Mesurer : vérifiez chaque mois si vous êtes cité
La seule façon de savoir si une IA vous recommande, c’est de lui poser la question, régulièrement.
- Listez les 10 questions que vos clients posent avant d’acheter. Awa noterait par exemple « meilleur salon de tresses à Liberté 6 », « tresses pour un mariage à Dakar » ou « salon de tresses ouvert le dimanche à Dakar ».
- Chaque mois, posez chacune deux fois à ChatGPT, Gemini et Perplexity, en navigation privée.
- Notez dans un tableau si vous êtes cité, et qui est cité à votre place.
| Question | ChatGPT | Gemini | Perplexity | Cité à votre place |
|---|---|---|---|---|
| Meilleur salon de tresses à Liberté 6 | Non | Oui | Non | Salon X |
| Tresses pour un mariage à Dakar | Oui | Oui | Non | Salon Y |
Deux règles pour que ce tableau veuille dire quelque chose :
- Ne mettez pas votre nom dans la question. « Le salon d’Awa est-il bien ? » vous citera presque toujours, puisque vous l’avez nommé : cette question mesure votre réputation. Celle qui mesure votre visibilité, c’est la question d’un client qui ne vous connaît pas encore.
- Interrogez plusieurs IA. Elles ne sont pas d’accord entre elles. Dans un test publié début octobre, quatre IA ont répondu aux mêmes questions sur des artisans de deux villes américaines, et elles n’ont jamais été d’accord toutes les quatre sur le premier nom.
Si vous avez un site, la Search Console de Google propose aussi, gratuitement, un rapport sur vos performances dans l’IA générative.
Ce qui ne sert à rien, d’après Google lui-même
Le GEO attire des vendeurs d’astuces. Avant de payer quelqu’un, sachez que Google a écrit noir sur blanc, dans son guide de juillet 2026, que vous pouvez ignorer « le “découpage” de contenu, la création de fichiers texte d’IA superflus (comme llms.txt) ou la recherche de mentions non authentiques ». Dans le détail :
- Un fichier llms.txt. Vous pouvez en créer un pour d’autres services, mais d’après Google, « cela n’aura aucune incidence sur la visibilité ou le classement de votre site dans la recherche Google ».
- Un balisage « spécial IA ». Les données structurées ne sont pas obligatoires pour l’IA, et il n’existe aucun balisage particulier à ajouter pour elle.
- Découper vos pages en petits morceaux. Rien ne l’exige, et « il n’y a pas de longueur de page idéale ».
- Réécrire vos textes « pour l’IA ». Les IA comprennent les synonymes et le sens général d’une question. Écrivez pour vos clients.
- Acheter de fausses mentions ou de faux avis. Les fonctionnalités d’IA de Google s’appuient sur ses systèmes de classement et sur ceux qui bloquent le spam.
- Un outil qui prétend connaître les secrets de Google. « Aucun outil tiers n’a accès à nos systèmes internes de classement ou d’IA. »
Si l’on vous vend l’un de ces six trucs comme la clé pour être cité par ChatGPT, vous savez maintenant ce que Google en pense.
Ce soir : votre audit en 4 questions
Prenez 10 minutes et une feuille. Répondez à chaque ligne par oui ou par non.
| Levier | La question | Comment vérifier |
|---|---|---|
| 1. Trouvable | Avez-vous une fiche Google complète ? Si vous avez un site, est-il indexé ? | Cherchez votre nom sur Google Maps. Pour un site, tapez site:votresite.com dans Google : si rien ne sort, il n’est pas indexé. |
| 2. Compris | Vos prix, votre zone et vos moyens de paiement sont-ils écrits en texte ? | Relisez votre fiche, votre bio et votre page comme un client pressé. |
| 3. Cité ailleurs | Avez-vous des avis et des mentions sur d’autres sites ? | Regardez vos avis Google. Cherchez votre nom entre guillemets sur Google. |
| 4. Cité par l’IA | Une IA vous cite-t-elle ? | Refaites le test du début, sans votre nom dans la question. |
Votre score, c’est le nombre de oui sur 4. Chaque non vous dit par où commencer.
Si vous ne savez pas par quoi commencer, voici 30 minutes qui couvrent les trois premiers leviers. Moussa, traiteur aux Almadies, s’y met ce soir :
- 10 minutes : il complète sa fiche Google (horaires, zone de livraison, services, cinq photos).
- 10 minutes : il envoie le lien de sa fiche sur WhatsApp à ses cinq derniers clients, pour leur demander un avis.
- 10 minutes : il écrit sur sa page Facebook les réponses aux trois questions qu’on lui pose tout le temps : le prix, le délai, le paiement.
Puis il met un rappel dans son téléphone pour refaire le test dans un mois.
Questions fréquentes
Le GEO, c’est juste du SEO ?
En grande partie, oui, et c’est une bonne nouvelle. Google l’écrit lui-même, et les praticiens disent la même chose : sur Reddit ce mois-ci, l’un d’eux résumait ce qui marche par « en gros, les bases du référencement local ». Une fiche Google, des avis et des informations écrites en texte servent aux deux.
Faut-il un site web ?
Pas pour commencer. Une fiche Google complète et une page Facebook ou Instagram publique, où vos prix et vos conditions sont écrits, suffisent pour les bases. Un site devient utile quand vous voulez répondre à plus de questions et tout réunir au même endroit.
Combien de temps faut-il pour être cité ?
Personne ne peut vous donner de délai, et méfiez-vous de ceux qui en promettent un. Les moteurs doivent d’abord trouver et lire vos informations, puis voir d’autres pages qui parlent de vous. Comptez en semaines et en mois, pas en jours. Et même quand tout est bien fait, Google rappelle que l’indexation et l’affichage ne sont jamais garantis.
Même en tapant le nom de ma boutique, rien n’apparaît. Pourquoi ?
Si votre propre nom ne donne rien sur Google, le problème vient avant l’IA. Pour un site, tapez site:votresite.com dans Google : si rien ne sort, déclarez-le dans la Search Console. Pour une boutique sans site, créez ou complétez votre fiche Google. Tant que Google ne vous connaît pas, ses IA non plus.
Partager mon lien autour de moi, ça aide ?
Ça vous amène des visiteurs, et c’est toujours bon à prendre. Mais ça ne remplace pas ce que les moteurs regardent : une fiche complète, de vrais avis et des mentions sur d’autres sites. Demandez plutôt à vos clients satisfaits de laisser un avis.
Faut-il payer une agence ou un outil de suivi ?
Pas pour les bases : tout ce qui est dans cet article se fait seul et gratuitement, et le tableau du levier 4 suffit pour suivre vos résultats. Méfiez-vous des outils qui promettent de connaître les règles internes de Google : Google écrit qu’aucun n’y a accès. En revanche, pour la partie technique d’un site (sa structure, ce que lisent les robots), il faut quelqu’un qui sait le faire.
Et le fichier llms.txt ?
Google a écrit qu’il n’a aucune incidence sur votre visibilité dans sa recherche. D’autres services peuvent le lire, mais aucun effet n’est prouvé. Ce n’est pas une priorité.
Je peux écrire moi-même un article « les 5 meilleures boutiques de Dakar » où je suis premier ?
Non. Ça ne convainc ni vos clients ni les moteurs, et Google dit que chercher des mentions non authentiques est moins efficace qu’il n’y paraît. Gagnez plutôt votre place dans les listes des autres : un blogueur, un média, un annuaire de votre quartier.
La publicité m’aide-t-elle à être cité ?
Aucune des documentations officielles citées dans cet article ne présente la publicité comme un moyen d’apparaître dans les réponses des IA. La publicité vous apporte des clients, et c’est déjà beaucoup. Pour les IA, misez sur les quatre leviers.
L’IA donne un ancien prix ou un mauvais numéro pour ma boutique. Que faire ?
Ça arrive souvent : elle reprend ce qu’elle a trouvé, parfois sur une vieille page. Mettez à jour vos informations partout où elles apparaissent (fiche Google, réseaux, site, annuaires), avec les mêmes chiffres. Plus vos informations sont cohérentes, moins l’IA a de chances de se tromper.
ChatGPT n’envoie presque aucune visite sur mon site. Ça vaut vraiment le coup ?
Oui, parce qu’une recommandation ne passe pas toujours par un clic. Un client lit votre nom dans la réponse, puis vous cherche sur Google ou sur Instagram, ou vous écrit directement sur WhatsApp. Cette vente vient de l’IA, même si aucun outil ne la compte comme une visite venue de ChatGPT.
Dois-je être connecté pour faire le test ?
Mieux vaut ne pas l’être, ou utiliser la navigation privée. Connectée, une IA peut tenir compte de vos conversations passées : si vous lui parlez souvent de votre boutique, elle risque de vous citer plus facilement qu’elle ne le ferait pour un inconnu.
Pour aller plus loin
Le replay de la masterclass GEO est sur sa fiche. Je prépare aussi une vidéo YouTube sur ce sujet : elle sera ajoutée ici dès sa sortie.
Vous avez fait le test et vous ne savez pas quoi en conclure ? Écrivez-moi.